Christian Mallet, « Éditeur Gadjet »

Le Jedi bordelais a réalisé CAC3D, une encyclopédie dédiée aux goodies de la bande dessinée, du cinéma, des comics et de la pop-culture

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, des objets publicitaires inconnus apparaissent sur Terre à la fin du 18e siècle. Ces premiers gadgets sont des créations promotionnelles originales. Associés au désir des masses de consommer, ils sont emportés par le tourbillon créatif de la révolution industrielle. Ce commerce astucieux se développe tous azimuts et prend une ampleur inédite, lorsque les nouveaux nababs d’Hollywood visent l’immense marché des teenagers. Inspirés par le cinéma, les productions narratives de la télévision ou les comics, les industriels développent en modèles réduits l’univers incroyable de super-héros qui défient le temps ou l’espace, de super-vilains peu ragoûtants, de super-zéros bariolés et toute une horde de personnages qui inspire espoir ou lutte.

« Ces nouveaux produits dérivés se fondent sur l’éphémère ou le consommable depuis l’origine de l’American way of life »

Oubliés les artisans sculpteurs de figurines en bois et en résine. Désormais, tous les dérivés de l’or noir tels que le polymère thermoplastique, le vinyle, le polyester ou la peinture acrylique font triompher le roi plastique. Jusqu’au début des années 70, la situation économique est encore au beau fixe. L’achat accru de ces petits chefs-d’oeuvre d’inventivité va de pair avec des prix de vente assez bas dus au faible coût du pétrole. Ces nouveaux produits dérivés se fondent sur l’éphémère ou le consommable depuis l’origine de l’American way of life, jusqu’à l’ère écologique liée à la première crise pétrolière en 1973. Le goodies est devenu plus coûteux à fabriquer, mais son pouvoir extraordinaire de séduction auprès des collectionneurs est toujours vif.

Les nouveaux extraterrestres moulés par injection ne ressemblent plus à ces Martiens teigneux d’autrefois

Aujourd’hui, le prix est variable en fonction du prestige de la marque, mais aussi des procédés complexes de fabrication. Des figurines extrêmement détaillées expliquent leur tarif très élevé. Une statuette de manga peut contenir une centaine de couleurs différentes. De nombreux ouvriers réalisent parfois à la main la colorisation des visages et les soudures sont exécutées de façon quasi chirurgicale. Le souci du détail et le maximum de réalisme exigés par les collectionneurs ne laissent pas de place à l’erreur. Héros de mangas, de jeux, de Comics ou de cinéma, certaines créatures mystérieuses ne sont plus figées comme autrefois. Elles sont diablement flexibles et prennent toutes les formes. Les nouveaux extraterrestres moulés par injection ne ressemblent plus à ces Martiens teigneux d’autrefois, mais à des êtres bien souvent attachants et séduisants. Pour finir, le packaging a une place importante. Certains collectionneurs gardent l’emballage intact et ne toucheront jamais à une figurine pour ne pas en altérer sa valeur.

L’une des références cinématographiques illustrant la forte relation entre cinéma et jouet est probablement « La guerre des étoiles », film réalisé par George Lucas. En 1977, son impact est tel qu’il produit depuis plus de quarante ans des effets sur la vente des produits dérivés dédiés. La saga Star Wars s’élève au rang d’une culture à part entière, toutes générations confondues. Bien sûr, il ne faut surtout pas oublier Blanche-neige ! Le premier long-métrage de Disney fut en son temps une opération de marketing innovante, avec un flot de jouets au succès toujours actuel pour les enfants.

Au même titre que les boîtes de camembert, les goodies de la pop-culture ont droit à leur référencement encyclopédique

Au même titre que les timbres, les disques ou les boîtes de camembert, les goodies de la pop-culture ont droit à leur référencement. Cette colossale information est collectée depuis quelques années dans des ouvrages aussi complets que les Bottins de jadis. Entrée en scène de Christian Mallet, qui a créé la société cote-a-cas éditions. Depuis une dizaine d’années, ce Jedi bordelais a réalisé CAC3D, une encyclopédie de recensement et de cotation sur les produits dérivés. La collection se décline en quatre univers : La bande dessinée, le cinéma, les comics et la Pop-Culture. L’entreprise s’est diversifiée récemment dans l’édition de romans graphiques tels que « Lever l’ancre », par la dessinatrice Sarah Belmas.

Qui est Christian Mallet ? Homme discret et attachant, réfugié dans sa Batcave secrète, j’ai eu le plaisir de le rencontrer lors d’un rendez-vous placé sous haute surveillance. C’est une mission risquée car je suis entouré par les soldats impériaux de l’Empire Galactique. Magnéto.

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Christian Mallet : « Que la Force soit avec lui »

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